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<title>OF TIME AND THE CITY</title>
<description>un film de Terence Davies</description>
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<lastBuildDate>Sat, 26 Sep 2009 14:39:45 +0200</lastBuildDate>
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<title>LE DVD du film est disponible</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/09/26/le-dvd-du-film-est-disponible.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Sat, 26 Sep 2009 14:35:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Le DVD du film OF TIME AND THE CITY, de Terence Davies est désormais disponible dans les points de vente habituels et sur &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.jour2fete.fr&quot;&gt;www.jour2fete.fr&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.jour2fete.fr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://oftimeandthecity.hautetfort.com/media/02/02/1920534344.jpg&quot; id=&quot;media-2001367&quot; alt=&quot;www.jour2fete.kingeshop.com_mi_ima_6574049182.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2001367&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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<title>TELERAMA</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/04/telerama2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Fri, 06 Feb 2009 12:41:07 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CRITIQUE&lt;/strong&gt; &lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;http://icon.telerama.fr/iconsv2/smiley/labels/label_cinema_3_page.gif&quot; alt=&quot;bien&quot; title=&quot;bien&quot; class=&quot;img-left critique-label-left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texte-v2008&quot;&gt; &lt;p&gt;Qu'il filme ses souvenirs sous forme de fiction, comme dans &lt;em&gt;Distant Voices&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;The long day closes&lt;/em&gt; ou ce faux documentaire sur Liverpool, Terence Davies - comme tous les grands cinéastes, en fait - ne parle que de lui. Il y a du Proust chez cet homme qui a l'art de faire resurgir le passé - le temps perdu - non pas d'une tasse de thé, mais de sa pellicule. Mais un Proust râleur, furibard, qui, de sa voix rocailleuse, pourfend les objets de sa haine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La royauté britannique, pour commencer : cette grotesque &lt;em&gt;queen&lt;/em&gt; et son pantin de mari. Le pape, ensuite, symbole de toutes les religions oppressives. Et Dieu, pour finir, ce Dieu bergmanien, tout en silence face aux détresses humaines, et ce Jésus &lt;em&gt;« aux yeux d'ange »&lt;/em&gt; que le jeune Terence priait obstinément, mais en vain, pour le délivrer du double « mal » qu'il pressentait en lui : son goût pour les jeunes gens et sa passion pour le cinéma...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, dès lors que cessent les imprécations du pamphlétaire, la tendresse l'emporte. Pour les autres. Tous les autres. Ces anonymes, ces invisibles qui ont tiré leur grandeur de leur humilité. Silhouettes retrouvées dans des actualités d'hier ou saisies au vol, aujourd'hui, dans les rues de Liver­pool, qui flânent ou se pressent dans des lieux désolés que seul leur espoir rend beaux. Un livreur de lait au petit matin ; un gamin ébouriffé qui quitte le lit où dort encore son nounours ; une femme qui nettoie ses vitres, une autre qui lave son linge au lavoir : magnifiés par ces travellings et ces musiques qui les suivent (Liszt et Peggy Lee !), tous semblent soudain revivre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est évidemment un passéiste, Terence Davies, et c'est parfois agaçant : le foot n'était bien que lorsque &lt;em&gt;« les joueurs ne levaient pas le poing en signe de victoire »&lt;/em&gt;. Et le rock, c'était génial, jusqu'à ce que des minettes hystériques se pâment pour quatre garçons dans le vent... Qu'importe, puisque ce passé idéalisé &lt;em&gt;(« le pays des joies d'autrefois, les routes où j'allais, content, et que je ne puis plus rejoindre »)&lt;/em&gt; rend féeriques et fascinants ces fragments de douleur, ces pépites de plaisir éphémère, arrachés au gouffre du temps.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pierre Murat&lt;a href=&quot;mailto:etienne.ollagnier@gmail.com&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>LIBERATION</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/04/liberation1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 20:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CHAIR DE LIVERPOOL&lt;/strong&gt; : Terence Davies film sa ville avec une délicieuse nostalgie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on voulait absolument faire contre mauvaise fortune bon coeur, on pourrait trouver dans la sombre crise économique mondiale qui s'installe le réconfort d'une petite lumière morale : le discours de la raison économique supérieure est en lambeaux. Appliqué au cinéma, ce discours qui a dominé les affaires du monde pendant vingt ans nous disait qu'il fallait conformer les films au Saint Marché. C'était comme un mouvement inéluctable et tous ceux qui refusaient d'emprunter ce sens unique de l'histoire ne pouvaient qu'appartenir à la marge, au folklore artiste, se condamnant progressivement à une mise hors jeu du système, une déconnexion des &quot;réalités économiques&quot;, voire aux pages cinéma de Libération ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une film comme &lt;em&gt;Of Time and the City&lt;/em&gt;, de Terence Davies est de ceux qui disent merde, et merveilleusement merde à toutes ces idéologies de la servitude économique et particulièrement à celles qui voudraient maintenir le cinéma en esclavage. D'un détachement impavide à l'égard de logiques commerciales en ruine, il résonne du même coup comme un instrument foncièrement juste et synchrone avec l'air du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dévitalisation&lt;/strong&gt;. Evocation nostalgique mais pas mélancolique de Liverpool, ville natale du cinéaste qui y vécut vingt huit ans, ce document qui joue avec les règles de son propre genre se définit aussi en sous-titre comme &quot;a love song and a eulogy&quot; (une chanson d'amour et une éloge funêbre). On aurait également pu dire poème, portrait de ville, rêve impressionniste ou confession. Parti à la recherche des souvenir fantômes de son enfance, puis de sa jeunesse qu'il confronte à un splendide stock d'images et de sons d'époque, Terence Davies procède avec une espèce de simplicité et de grandeur artisanales, élaborant un film très simple dans son principe mais qui ouvre toute sa place au sensible. Noyau cardinal, le sensible s'entend ici dans toutes ses dimensions : l'affectif, bien sûr, mais aussi l'humour, la révolte, le mysticisme ou la sexualité. Sans oublier la musique, l'auteur de l'inoubliable &lt;em&gt;Distant Voices, Still Lives&lt;/em&gt;, renouant ici avec les sortlèges qui en font un véritable cinéaste compositeur, un artiste de l'oreille, du morceau et de la partition. Le mouvement principal dont témoigne l'auteur à propos de sa ville adorée, c'est que si le passage des temps modernes (de l'après guerre aux années 2000) sur Liverpool a été particulièrement spectaculaire et destructeur, ce n'est pas tant sur les décors et les paysages, en effet balayés et remplacés, que sur les peuples de la ville, les corps et les visages. &lt;em&gt;Of Time and The City&lt;/em&gt; enregistre tout autant la dévitalisation populaire de la ville que le rapport transformé de tous ses habitants au monde et à la vie. Hors du champ de la vision mais pas de l'audition, c'est toute la Grande-Bretagne de cette période qui sourd aussi d'une bande-son aussi riche en extraits de musique qu'en stock-shot BBC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elixir&lt;/strong&gt;. A peine masqué derrière l'élégie urbaine et la conscience politique, un chant personnel délivre de surcroît ses stances régulières. Comment le pieux enfant Davies est-il devenu ce voyeur impénitent ? Comment l'adolescent vire t-il athée ? Comment le cinéaste mûr joue t-il désormais à blasphémer ? Glissant sans cesse du solennel au joyeux, de l'émouvant au comique, Davies dessine en filigrane à son tableau tout un itinéraire intime, dans une sorte d'exercice de sincérité à la fois profond et léger, d'autant plus bienvenu et réconfortant que les nouvelles de ce cinéaste ont toujours été trop rares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une certaine façon, avec les images d'archives, le montage, la voix off et le bouquet très métissé des citations (de la Bible à Peggy Lee ou T.S. Eliot), Davies forge un cinéma de la mémoire sensorielle qui est une sorte de travail symétrique à celui du forgeron Godard lorsqu'il s'emploie à inventer un cinéma de la mémoire historique. Biographie jusqu'à l'introspection, &lt;em&gt;Of Time and the City&lt;/em&gt; décante ainsi progressivement&amp;nbsp;une formule vraiment originale d'auto-document, un élixir très britannique de cinéma musical et proustien.&lt;/p&gt; 
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<title>TELERAMA</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/04/telerama1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 18:30:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CRITIQUE&lt;/strong&gt; &lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;http://icon.telerama.fr/iconsv2/smiley/labels/label_cinema_3_page.gif&quot; alt=&quot;bien&quot; title=&quot;bien&quot; class=&quot;img-left critique-label-left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texte-v2008&quot;&gt; &lt;p&gt;Qu'il filme ses souvenirs sous forme de fiction, comme dans &lt;em&gt;Distant Voices&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;The long day closes&lt;/em&gt; ou ce faux documentaire sur Liverpool, Terence Davies - comme tous les grands cinéastes, en fait - ne parle que de lui. Il y a du Proust chez cet homme qui a l'art de faire resurgir le passé - le temps perdu - non pas d'une tasse de thé, mais de sa pellicule. Mais un Proust râleur, furibard, qui, de sa voix rocailleuse, pourfend les objets de sa haine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La royauté britannique, pour commencer : cette grotesque &lt;em&gt;queen&lt;/em&gt; et son pantin de mari. Le pape, ensuite, symbole de toutes les religions oppressives. Et Dieu, pour finir, ce Dieu bergmanien, tout en silence face aux détresses humaines, et ce Jésus &lt;em&gt;« aux yeux d'ange »&lt;/em&gt; que le jeune Terence priait obstinément, mais en vain, pour le délivrer du double « mal » qu'il pressentait en lui : son goût pour les jeunes gens et sa passion pour le cinéma...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, dès lors que cessent les imprécations du pamphlétaire, la tendresse l'emporte. Pour les autres. Tous les autres. Ces anonymes, ces invisibles qui ont tiré leur grandeur de leur humilité. Silhouettes retrouvées dans des actualités d'hier ou saisies au vol, aujourd'hui, dans les rues de Liver­pool, qui flânent ou se pressent dans des lieux désolés que seul leur espoir rend beaux. Un livreur de lait au petit matin ; un gamin ébouriffé qui quitte le lit où dort encore son nounours ; une femme qui nettoie ses vitres, une autre qui lave son linge au lavoir : magnifiés par ces travellings et ces musiques qui les suivent (Liszt et Peggy Lee !), tous semblent soudain revivre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est évidemment un passéiste, Terence Davies, et c'est parfois agaçant : le foot n'était bien que lorsque &lt;em&gt;« les joueurs ne levaient pas le poing en signe de victoire »&lt;/em&gt;. Et le rock, c'était génial, jusqu'à ce que des minettes hystériques se pâment pour quatre garçons dans le vent... Qu'importe, puisque ce passé idéalisé &lt;em&gt;(« le pays des joies d'autrefois, les routes où j'allais, content, et que je ne puis plus rejoindre »)&lt;/em&gt; rend féeriques et fascinants ces fragments de douleur, ces pépites de plaisir éphémère, arrachés au gouffre du temps.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pierre Murat&lt;a href=&quot;mailto:etienne.ollagnier@gmail.com&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>LIBERATION</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/02/liberation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 17:54:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CHAIR DE LIVERPOOL&lt;/strong&gt; : Terence Davies film sa ville avec une délicieuse nostalgie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on voulait absolument faire contre mauvaise fortune bon coeur, on pourrait trouver dans la sombre crise économique mondiale qui s'installe le réconfort d'une petite lumière morale : le discours de la raison économique supérieure est en lambeaux. Appliqué au cinéma, ce discours qui a dominé les affaires du monde pendant vingt ans nous disait qu'il fallait conformer les films au Saint Marché. C'était comme un mouvement inéluctable et tous ceux qui refusaient d'emprunter ce sens unique de l'histoire ne pouvaient qu'appartenir à la marge, au folklore artiste, se condamnant progressivement à une mise hors jeu du système, une déconnexion des &quot;réalités économiques&quot;, voire aux pages cinéma de Libération ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une film comme &lt;em&gt;Of Time and the City&lt;/em&gt;, de Terence Davies est de ceux qui disent merde, et merveilleusement merde à toutes ces idéologies de la servitude économique et particulièrement à celles qui voudraient maintenir le cinéma en esclavage. D'un détachement impavide à l'égard de logiques commerciales en ruine, il résonne du même coup comme un instrument foncièrement juste et synchrone avec l'air du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dévitalisation&lt;/strong&gt;. Evocation nostalgique mais pas mélancolique de Liverpool, ville natale du cinéaste qui y vécut vingt huit ans, ce document qui joue avec les règles de son propre genre se définit aussi en sous-titre comme &quot;a love song and a eulogy&quot; (une chanson d'amour et une éloge funêbre). On aurait également pu dire poème, portrait de ville, rêve impressionniste ou confession. Parti à la recherche des souvenir fantômes de son enfance, puis de sa jeunesse qu'il confronte à un splendide stock d'images et de sons d'époque, Terence Davies procède avec une espèce de simplicité et de grandeur artisanales, élaborant un film très simple dans son principe mais qui ouvre toute sa place au sensible. Noyau cardinal, le sensible s'entend ici dans toutes ses dimensions : l'affectif, bien sûr, mais aussi l'humour, la révolte, le mysticisme ou la sexualité. Sans oublier la musique, l'auteur de l'inoubliable &lt;em&gt;Distant Voices, Still Lives&lt;/em&gt;, renouant ici avec les sortlèges qui en font un véritable cinéaste compositeur, un artiste de l'oreille, du morceau et de la partition. Le mouvement principal dont témoigne l'auteur à propos de sa ville adorée, c'est que si le passage des temps modernes (de l'après guerre aux années 2000) sur Liverpool a été particulièrement spectaculaire et destructeur, ce n'est pas tant sur les décors et les paysages, en effet balayés et remplacés, que sur les peuples de la ville, les corps et les visages. &lt;em&gt;Of Time and The City&lt;/em&gt; enregistre tout autant la dévitalisation populaire de la ville que le rapport transformé de tous ses habitants au monde et à la vie. Hors du champ de la vision mais pas de l'audition, c'est toute la Grande-Bretagne de cette période qui sourd aussi d'une bande-son aussi riche en extraits de musique qu'en stock-shot BBC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elixir&lt;/strong&gt;. A peine masqué derrière l'élégie urbaine et la conscience politique, un chant personnel délivre de surcroît ses stances régulières. Comment le pieux enfant Davies est-il devenu ce voyeur impénitent ? Comment l'adolescent vire t-il athée ? Comment le cinéaste mûr joue t-il désormais à blasphémer ? Glissant sans cesse du solennel au joyeux, de l'émouvant au comique, Davies dessine en filigrane à son tableau tout un itinéraire intime, dans une sorte d'exercice de sincérité à la fois profond et léger, d'autant plus bienvenu et réconfortant que les nouvelles de ce cinéaste ont toujours été trop rares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une certaine façon, avec les images d'archives, le montage, la voix off et le bouquet très métissé des citations (de la Bible à Peggy Lee ou T.S. Eliot), Davies forge un cinéma de la mémoire sensorielle qui est une sorte de travail symétrique à celui du forgeron Godard lorsqu'il s'emploie à inventer un cinéma de la mémoire historique. Biographie jusqu'à l'introspection, &lt;em&gt;Of Time and the City&lt;/em&gt; décante ainsi progressivement&amp;nbsp;une formule vraiment originale d'auto-document, un élixir très britannique de cinéma musical et proustien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Olivier Séguret&lt;/p&gt; 
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<title>L'HUMANITE</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/04/l-humanite.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 17:47:48 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;CHANSON D'AMOUR&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Liverpool.&lt;/span&gt; Un film poème rend hommage à la ville et au petit peuple qui en est le sel. Admirable.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;OF TIME AND THE CITY, de&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Terence Davies&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Si Liverpool n’existait pas, il faudrait l’inventer.&amp;nbsp;» Cette citation de Myrbach, par la voix de Terence Davies qui nous accompagnera tout au long&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; de son film poème, double son ouverture visuelle. Les rideaux rouges d’une scène s’écartent devant un noir et blanc d’archive que nimbe la nostalgie de son grain avant de faner à leur tour dans la grisaille. Au bout d’un tunnel qu’a transpercé un train furieux, apparaît la ville du début du XIXème siècle, au temps de sa splendeur économique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Le cinéaste va entreprendre, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui une navigation à vue que forgent les souvenirs des vingt-huit premières années de sa vie au sein du petit peuple de Liverpool. Il nous embarque, en allers-retours, dans un univers recomposé de fragments qui mêlent&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; étroitement l’intime et le collectif, éclaboussures de la grande histoire et préoccupations récurrentes de l’auteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Ainsi du catholicisme dans l’implacable magnificence d’une église où des ors comme déversés du ciel congèlent grandes orgues et pièta, refusant toute miséricorde. On la quittera par un travelling arrière glissant comme une perte de foi, et de ce retrait on imagine la fracture obligée qu’a subie le réalisateur apprenant que son homosexualité le vouait à Satan. Et que ces lieux de culte désacralisés aient été transformés en boîtes branchées où la jeunesse tressaute ne semble pas désaltérer&amp;nbsp;sa rancune. Et non plus celle qui porte, non sans humour, aux fastes qu’étale sans vergogne la famille royale. Le mariage de «&amp;nbsp;Betty Windsor et Phil&amp;nbsp;», en couleurs saturées, ressuscite ces crépitements de diamants sur l’hermine qui pare les dignitaires et garde leur morgue au chaud. Une liesse naïve rassemble cependant le petit peuple en banquets de charcuterie. C’est que ses loisirs sont rares. Son quotidien harassant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Et Terence Davies excelle à en prélever l’humble grandeur dans l’intelligence qu’il en a, déjà à l’œuvre dans son film &lt;em&gt;Distant Voices, still lives&lt;/em&gt; sorti en 1988 et qui nous transmettait les échos de ces existence modestes et à lui familières.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;L&amp;nbsp;‘acuité de son regard puise à un creuset de tendresse où s’abîme tout manichéisme au profit d’une analyse de classe qui conteste à l’ordre des choses toute divine immuabilité&amp;nbsp;». Si les désirs&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; sont obscurs nulle misère n’est impénétrable. Celle des taudis qui rongent un empire que la couronne voir se déliter. Petits enfants jouant sans jouets aux confins de leurs terres. Familles qui reconstituent sur les perrons toute une sociabilité que l’exiguïté des logements interdit. Jeunes femmes d’hier et d’aujourd’hui poussant des landaus dans des rues vides. Jadis elles dévalaient des murs bruns de maisonnettes mitoyennes qui se partageaient des jardinets grands comme un drap. Plus tard furent les démolitions brutales, l‘abandon que pleuraient les fenêtres crevées. Et puis vinrent les barres de béton. Si la colère du cinéaste est souvent palpable, elle ne noircit pas son dessein.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Le film vibre de la joie de ces multitudes entassées dans les stades du dimanche, sur les plages de West-Brighton, où l’on retrouvera celles d’aujourd’hui. Il frémit de la passion de Terence Davies pour le cinéma «&amp;nbsp;où c’était tous les jours Noël&amp;nbsp;», des souvenirs de Noël&amp;nbsp;aux effluves enlacés et l’exceptionnel rôti de porc et du faux Chanel de ses sœurs, de son amour de la musique classique qui devait pour lui supplanter le rock n’ roll dans la ville des Beatles. Sibelius et Chostakovitch, Carl Jung et Friedrich Engels, Joyce et les fish and chips, du temps long à l’évocation légère, le rythme de la mémoire varie jusqu’au soleil rouge qui, tous les matins, continue de se lever.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Dominique Widemann&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>TELERAMA</title>
<link>http://oftimeandthecity.hautetfort.com/archive/2009/02/04/telerama.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 17:17:07 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CRITIQUE&lt;/strong&gt; &lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;http://icon.telerama.fr/iconsv2/smiley/labels/label_cinema_3_page.gif&quot; alt=&quot;bien&quot; title=&quot;bien&quot; class=&quot;img-left critique-label-left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texte-v2008&quot;&gt; &lt;p&gt;Qu'il filme ses souvenirs sous forme de fiction, comme dans &lt;em&gt;Distant Voices&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;The long day closes&lt;/em&gt; ou ce faux documentaire sur Liverpool, Terence Davies - comme tous les grands cinéastes, en fait - ne parle que de lui. Il y a du Proust chez cet homme qui a l'art de faire resurgir le passé - le temps perdu - non pas d'une tasse de thé, mais de sa pellicule. Mais un Proust râleur, furibard, qui, de sa voix rocailleuse, pourfend les objets de sa haine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La royauté britannique, pour commencer : cette grotesque &lt;em&gt;queen&lt;/em&gt; et son pantin de mari. Le pape, ensuite, symbole de toutes les religions oppressives. Et Dieu, pour finir, ce Dieu bergmanien, tout en silence face aux détresses humaines, et ce Jésus &lt;em&gt;« aux yeux d'ange »&lt;/em&gt; que le jeune Terence priait obstinément, mais en vain, pour le délivrer du double « mal » qu'il pressentait en lui : son goût pour les jeunes gens et sa passion pour le cinéma...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, dès lors que cessent les imprécations du pamphlétaire, la tendresse l'emporte. Pour les autres. Tous les autres. Ces anonymes, ces invisibles qui ont tiré leur grandeur de leur humilité. Silhouettes retrouvées dans des actualités d'hier ou saisies au vol, aujourd'hui, dans les rues de Liver­pool, qui flânent ou se pressent dans des lieux désolés que seul leur espoir rend beaux. Un livreur de lait au petit matin ; un gamin ébouriffé qui quitte le lit où dort encore son nounours ; une femme qui nettoie ses vitres, une autre qui lave son linge au lavoir : magnifiés par ces travellings et ces musiques qui les suivent (Liszt et Peggy Lee !), tous semblent soudain revivre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est évidemment un passéiste, Terence Davies, et c'est parfois agaçant : le foot n'était bien que lorsque &lt;em&gt;« les joueurs ne levaient pas le poing en signe de victoire »&lt;/em&gt;. Et le rock, c'était génial, jusqu'à ce que des minettes hystériques se pâment pour quatre garçons dans le vent... Qu'importe, puisque ce passé idéalisé &lt;em&gt;(« le pays des joies d'autrefois, les routes où j'allais, content, et que je ne puis plus rejoindre »)&lt;/em&gt; rend féeriques et fascinants ces fragments de douleur, ces pépites de plaisir éphémère, arrachés au gouffre du temps.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pierre Murat&lt;a href=&quot;mailto:etienne.ollagnier@gmail.com&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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